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Aux sources du bonheur

Illustration de Charlotte Lambert
Illustration de Charlotte Lambert

Le bonheur est un ruisseau. Pour de vrai. Il coule dans le département du Gard. Le bonheur est cévenol. C’est un affluent du Trèvezel en rive droite, donc un sous-affluent de la Garonne car le Trèvezel se jette dans la Dourbie, qui se noie dans le Tarn, lequel, comme on sait, rejoint la Garonne (et d’aucuns, Tarnais sans doute, aiment à dire que c’est la Garonne, qui serait moins profonde, qui se jette dans le Tarn, et non l’inverse). Le bonheur est long de 11,2 kilomètres. Mais il ne dure réellement que cinq kilomètres. Après, il disparaît. Dans un gouffre : ça s’appelle la perte du bonheur. Le voilà au fond du canyon Hypogée. Dans cet abîme, le bonheur se scinde et s’éparpille en un véritable labyrinthe underground. Il y rencontre des empreintes de pieds préhistoriques, des marmites de géant, des traces de dinosaures, et une nécropole. Quand le bonheur ressort de l’abîme, en aval, à Saint-Sauveur, au fond d’une reculée, il fait une chute de dix mètres de haut. Le bonheur n’est plus le même. Il fait du boucan. Le bonheur beugle. À ce moment-là, d’ailleurs, on ne parle plus de bonheur. On l’appelle alors Bramabiau. En occitan, ça veut dire le « bœuf qui brame ». Le bonheur est un bœuf qui brame, ou un cerf en rut, ou en ru. Le bonheur est un ruisseau.

Jikabo

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