Saxifrage #12

saxifrage journal indépendant Tarn 81
Cas d’école . Champs de vision . Eurodateurs . L’ampère du décor . Mathématiques souterraines

Edito

Certains lecteurs demeurent dubitatifs quant à la singularité cellulosique de Saxifrage : « il est trop grand, trop large ! Votre papier est trop épais, trop blanc », etc. Le journal casse-pierres ne semblerait donc pas correspondre aux canons de beauté de la presse contemporaine et empêcherait le bon déroulement d’une sieste estivale prometteuse.

Sachez, cependant, que Le Canard enchaîné est plus haut de trois centimètres. Le New York Times, le Corriere  della sera sont au format broadsheet, c’est-à-dire qu’ils sont plus hauts de deux centimètres et plus larges de cinq centimètres. Cependant, Saxifrage est, pour quelques centimètres, plus grand que « le journal gothique du soir » et Le Figaro avec leur format berlinois et que, jusqu’à nouvel ordre, il ne basculera pas dans la dimension des tabloïds (Libération, L’Équipe) voire du demi-tabloïd illisible du journal de la région Occitanie. Le format des journaux papiers se rétrécit et se standardise. Une histoire de coûts paraît-il et de confort de lecture.

Il y a trois ans, les dimensions du journal ont été discutées et l’idée d’un grand format s’est dégagée comme une envie de créer et de s’approprier un espace graphique nouveau pour beaucoup d’entre nous. S’amuser un peu,  en somme.

Éditer un journal, c’est aussi travailler avec une imprimerie. Le faible tirage (1 000 exemplaires) rendait trop chère et inadaptée l’impression sur presse rotative (technique d’impression adoptée par la grande majorité de la presse et qui permet d’imprimer vite et mal sur un papier de mauvaise qualité). Et puis nous  avons rencontré Nathalie Portier. Nous lui avons indiqué nos envies et nos contraintes. Le résultat, vous l’avez dans les mains. Un format 52 × 72 centimètres sur un papier offset tout blanc. Un résultat brut, puisqu’à aucun moment le papier n’est massicoté. Les lèses livrées par le papetier à l’imprimerie sont mises directement en machine pour être imprimées. Parfois, le papier est un peu trop épais, certains ont dû s’en rendre compte sur le dernier numéro, un grain de sable s’étant glissé dans les rouages délicats de cette fabrication artisanale.

Une fois imprimé, Saxifrage est confié dans les mains expertes des amoureux du pliage fait main. Des ratés ont cependant été remarqués, certains abonnés recevant deux fois le feuillet de couverture, d’autres uniquement le  cahier central. Là encore, les artisans-journalistes que nous sommes ont vite comblé le préjudice, permettant  aux lecteurs malchanceux de poursuivre leur lecture.

Alors, peut-être que le papier est un peu trop épais pour emballer les poissons ou pour lancer la flambée en vue des grillades de la réunion familiale du 15 août. Peut-être que la lecture de Saxifrage demande un peu d’agilité  pour ne pas éborgner le voisin dans les trains ou les autocars. Finalement, Saxifrage est peut-être aussi comme ces fruits et légumes non calibrés, mais pourtant si bons, que l’on ne retrouve pas sur les étals des supermarchés.

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Saxifrage #12 – automne 2018

Le comité de rédaction est composé de : Boris Vézinet, Jean-Philippe Cambie, Coquelicot, Jean-Pierre Cuq, Florian Jourdain, Jikabo, Valéry

Ont également participé à ce numéro : Chachayver, Charlotte Lambert, C. Sénégas, Fabrice Ingueneau, Lionel, Rémi Bénos, Thomas Santini, Un parent d’élève de l’école Camille Claudel, Vince.

Directrice de la publication : Jean-Pierre Cuq
Tiré à 1000 exemplaires sur les presses de l’imprimerie Portier, à Albi.

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